2012: Année de l'énergie durable pour tous

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Le 20 décembre 2010, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2012 Année internationale de l'énergie durable pour tous.
Le pétrole est de loin la principale source d'énergie mondiale. Il n'est extrait industriellement que depuis 1859, soit depuis un peu plus de 150 ans. Durant cette période relativement courte d'un point de vue historique, l'afflux continu d'énergie bon marché a fondamentalement transformé notre monde. Dans les pays industrialisés, la prospérité a fait un bond inouï.
Les découvertes de pétrole atteindront leur maximum au cours des 20 prochaines années. Comment le monde étanchera-t-il ensuite sa soif d'énergie?. Deux défis opposés apparaissent:
- Pour le progrès socio-économique et l'atteinte des objectifs de développement du Millénium (MDGs), un approvisonnement énergétique est essentiel. Deux milliards de personnes vivent sans électricité à travers le monde
- La communauté internationale doit impérativement réduire ses émissions de dioxyde de carbone à cause du changement climatique.
Les énergies renouvelables auront le rôle essentiel de placer le monde sur une trajectoire énergétique plus sûre, plus fiable et plus durable. Le potentiel est incontestablement vaste, mais le rythme auquel la contribution de ces ressources augmentera pour répondre aux besoins énergétiques mondiaux dépendra de façon décisive de la vigueur avec laquelle les pouvoirs publics agiront en faveur des énergies renouvelables afin qu'elles deviennent compétitives en termes de coûts vis-à-vis des autres sources et technologies énergétiques, et qu'elles stimulent le progrès technologique.
Les plus grandes possibilités d'augmentation en termes absolus de l'utilisation des énergies renouvelables se situent dans le secteur de l'électricité. Dans le Scénario "nouvelles politiques", la production d'électricité à partir de sources renouvelables triple entre 2008 et 2035, et la part de ces énergies dans l'ensemble de la production d'électricité passe de 19% en 2008 à quasiment un tiers (rattrapant ainsi le charbon). L'augmentation provient principalement de l'éolien et de l'hydroélectricité, bien que cette dernière conserve la première place pendant la période considérée dans cette édition de l'Outlook. L'électricité photovoltaïque progresse très rapidement, encore que sa part dans la production électrique totale n'atteigne qu'environ 2% en 2035. La part des énergies renouvelables modernes utilisées pour la production de chaleur destinée à l'industrie et aux bâtiments passe de 10% à 16%. La consommation de biocarburants fait plus que quadrupler entre 2008 et 2035; à la fin de la période considérée, 8% de la demande des carburants routiers sont couverts par des biocarburants (contre 3% aujourd'hui).
Consommation individuelle exprimée en thermies par jour
| Alimentation | Domestique et tertiaire * | Industrie et agriculture | Transport | Total | |
| Homme primitif | 2 | 2 | |||
| Chasseur | 3 | 2 | 5 | ||
| Agriculteur primitif | 4 | 4 | 4 | 12 | |
| Agriculteur évolué | 6 | 12 | 7 | 1 | 26 |
| Homme "industriel" | 7 | 32 | 24 | 14 | 77 |
| Homme "technologique" | 10 | 66 | 91 | 63 | 230 |
* Le secteur tertiaire comprend notamment les activités de bureau (bureaux d'études, assurances, administrations), le commerce, l'enseignement, les services. Source: Le Courrier de l'UNESCO No 7/1981 'Maîtriser l'énergie'.
Energies renouvelables - Tâche de l'UNESCO depuis les années 1950

- Source: bby_, www.flickr.com/photos/bby/ (Flickr CC)
La participation de l'UNESCO aux activités visant à résoudre dans le long-terme les problèmes énergétiques et à leurs applications scientifiques et technologiques remonte aux balbutiements de l'Organisation. En particulier, l'UNESCO fut l'un des fers de lance de la coopération internationale dans ce domaine.
Au début des années 1950, au moment de la création du Grand programme international sur les zones arides (lequel couvrait les problèmes énergétiques auxquels les zones arides étaient confrontées), l'Organisation s'est faite le précurseur de la recherche en sources d'énergies traditionnelles et renouvelables (notamment solaire et éolienne).
C'était le premier exemple de coopération internationale dans le domaine des nouvelles sources d'énergie et des énergies renouvelables, qui eut pour point d'orgue le séminaire international sur les énergies solaire et éolienne dans les zones arides, organisé à New Delhi (Inde) en 1954. Le Programme sur les zones arides, achevé en 1962, avait néanmoins constitué un socle scientifique international substantiel, lequel devait permettre la mise en place d'activités ultérieures de l'Organisation.
Au début des années 70, la communauté mondiale a commencé à ressentir les effets de la pénurie des sources d'énergie distribuées en raison de la crise du pétrole, ainsi que de l'exploitation non rationnelle des sources disponibles. Ces restrictions, ainsi que la hausse consécutive des prix, ont été pour une grande part à l'origine du ralentissement du progrès socio-économique dans de nombreux pays en développement au cours des dernières décennies. Ceci explique que les problèmes scientifiques liés à la mise en place de nouvelles méthodes d'exploitation de l'énergie, ainsi que la recherche de nouvelles sources, soient redevenus une source de préoccupation pour les Nations Unies (ONU), ses agences spécialisées, et diverses organisations intergouvernementales, non-gouvernementales internationales.
En 1973, le Secteur des sciences exactes et naturelles de l'UNESCO a organisé le congrès mondial intitulé "Le soleil au service de l'Humanité".
ONU-Energie
Les activités de l'UNESCO dans l'énergie s'adaptent et contribuent aux efforts des Nations Unies à l'échelle du système, y compris par le biais d'accord de collaboration sur l'énergie, ONU-Energie.
Contributions concrètes de l'UNESCO
Le programme "Energies renouvelables" mettra l'accent sur le fait de fournir des conseils politiques, de favoriser le développement du renforcement des capacités institutionnelles et humaines et de diffuser un savoir scientifique et technique relatif à l'énergie renouvelable, la gestion de l'énergie ainsi que sa conservation, y compris par le biais de la coopération Sud-Sud.
La mise en place de chapitres régionaux du Programme mondial d'éducation et de formation en matière d'énergie renouvelable (GREET) sera plus amplement développée par le biais de partenariats stratégiques internes (PSI) avec les PSI de l'UNESCO et des secteurs de programme aussi bien que des alliances avec d'autres organisations et institutions internationales. Cela implique la conception et l'application sur le terrain de plateformes de formation, l'élaboration et la diffusion de matériel pédagogique, l'introduction de programmes de formation à différents niveau de l'éducation, la fixation de normes d'éducation et la certification de centres d'excellence pouvant servir de catalyseurs pour la mise en réseau.
Energies renouvelables en Suisse

- Grimsel Kraftwerk. Quelle: Mark Howells-Mead, www.flickr.com/photos/mhowells/ (Flickr CC)
La force hydraulique est depuis longtemps une source d'énergie renouvelable de poids pour la Suisse. Mais les "nouveaux" agents renouvelables – l'énergie solaire, le bois, la biomasse, l'énergie éolienne, la géothermie et la chaleur ambiante – jouent aussi un rôle croissant dans l'approvisionnement énergétique du pays.
Au total, les énergies renouvelables couvrent environ 1/6 de la consommation finale d'énergie (environ 1/7 sans l'utilisation des déchets). Les agents énergétiques renouvelables de longue tradition (force hydraulique, bois) continuent d'occuper un rôle de premier plan, mais les nouvelles énergies renouvelables sont en forte croissance.
Statistique globale suisse de l'énergie 2010
La consommation globale d'énergie en Suisse a atteint une valeur record de 911 550 térajoules en 2010, soit une augmentation de 4,4% par rapport à l'année précédente. Ce résultat est notamment dû à trois facteurs: des températures nettement plus froides, une conjoncture économique favorable et une croissance démographique persistante.
Tendance à la hausse pour les combustibles, les carburants et l'électricité
Si l'utilisation de combustibles a affiché une nette augmentation (+5,5% pour le mazout extra-léger et +10,8% pour le gaz naturel), celle des carburants est restée sensiblement au même niveau (+0,6%). La hausse de la consommation de diesel (+3,9%) et de carburant d'aviation (+5%) et la baisse de celle de l'essence (–3,6%) confirment la tendance à remplacer l'essence par le diesel. L'utilisation d'huiles de chauffage lourdes a chuté de 17,7% et le recours au coke de pétrole a augmenté de 23,3%. On constate une hausse de 4% de la consommation d'électricité.
Boom des énergies renouvelables
En 2010, la consommation de bois de chauffage a augmenté de 7,7%. L'utilisation de la chaleur de l'environnement (pompes à chaleur) est en forte progression, confirmant la tendance à opter pour ce type de système. On constate également une nette augmentation du recours à la chaleur à distance (+12,7%), à l'énergie solaire (+13,5%) et au biogaz (+7,3%). Après un recul majeur de près de 29% l'année précédente, les biocarburants ont connu une montée en flèche de 20,0%. L'exploitation énergétique des déchets industriels (+5,8%) et l'utilisation du charbon (+2,1%), elles aussi en baisse en 2009, sont à nouveau en hausse.
Source: Statistique globale suisse de l'énergie 2010
Sources: Office fédéral de l'énergie OFEN | CIPRA | Commission allemande pour l'UNESCO | AIE World Energy Outlook 2010 | UNESCO

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